barbara lanthemann

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De l’obscénité en libre-service

Voilà que la toile, enfin, se réveille et dénonce une émission qui depuis longtemps déjà, avait atteint les sommets de l’obscénité. TPMP, animé par un certain Hanouna est ce genre d’émissions qui garantissent un taux d'indigence record à la minute.

 

J’avoue, ma foi, ne pas regarder cette émission. C’est le buzz sur les réseaux sociaux qui m’a conduite à visionner la dernière mouture du 19 mai dernier. Un « sketch » qui consistait à piéger un gay via une petite annonce, un entretien au téléphone entendu par des milliers d’abrutis (parce que pour que l’émission tourne, il faut bien des abrutis qui la suivent), et puis des milliers de plaintes au CSA chargé de punir l’animateur pour un comportement jugé homophobe.

 

Les fournisseurs de programmes aujourd’hui nous inondent de chaînes plus ou moins intéressantes. Malheureusement, le moins est ici en forte surreprésentation.

Le câble vomit ses flots de télé réalité, à des heures où certains enfants et ados « purgent leur peine » devant le petit écran plutôt que de froisser les pages d’un roman d'aventures, taper dans un ballon entre potes, griffonner des pages de nouvelles palpitantes, se sociabiliser en famille ou entre ami-es.

 

La TV, ça fait bien longtemps qu’elle a perdu sa vocation éducative, à moins que l’on choisisse de suivre des chaînes moins commerciales et qu’on ose, de temps en temps, se laisser voyager au gré de documentaires fascinants, qu’on essaie de penser au travers de quelques débats ou qu’on s’accorde un bon film digne de ce nom.

 

Alors qu’on se fâche aujourd’hui contre C8, chaîne de Canal+, tant mieux, mais ce n’est que le sursaut tardif de toute une société qui s’endort tranquille alors que la maison brûle.

 

Toutes les chaînes privées nous inondent de leurs émissions puantes, depuis des lustres. Là où l’on cultive les instincts primaires, l’obscénité, l’individualisme, la culture du soi, de la reine du shopping au « aventuriers » de Koh Lanta, des téléréalités où les couples se font et se défont comme mes chaussettes dans le lave-linge, et les cerveaux se disloquent en quelques petites minutes, comme un kleenex passé au séchoir.

 

Ça fait belle lurette que les programmes de nos chaînes, ou du moins, la plupart d’entre elles, auraient dû susciter la même colère que celle engendrée par Hanouna. Lui n’est en fait que le sommet de l’iceberg, flottent sous lui des centaines d’idiots inutiles qui nous abreuvent de leur sexisme, de leur mépris, de leur nullité, de leur perversité abjecte. Du cul en veux-tu en voilà, comme au supermarché en libre-service. De la vulgarité comme s’il en pleuvait. Du superficiel tant et tant qu’on finirait par croire que c’est normal, que nous sommes nés comme ça, bêtes à manger du foin, et encore... Et que dire des bécasses qui jouent ce jeu, des péteux qui y roulent leur mécanique, trop content-es de passer pour des célébrités, les Loanna et Steevy, et autres créatures nées dans la piscine de l’audimat, adulées puis démolies, dans des jeux de cirque pas moins immondes qu’à l’époque des romains.

 

Alors soit, fâchons-nous, enfin. Pas juste cette fois, parce que c’est un gay qui ramasse, parce que c’est homophobe. Mais tous les jours, et chaque fois qu’on méprisera l’être humain en l’abreuvant d’immondice intellectuelle, parce que c’est humanophobe, c’est destructeur, c’est indigne de la nature humaine !

 

Franchement, nous méritons mieux que ça ! Nous, toutes et tous, méritons mieux que ça !


22/05/2017
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Notre identité

S’il est des valeurs que nous autres socialistes devons défendre, s’il en est une qui doit nous faire bomber le torse de temps en temps, c’est bien l’amour de notre pays.

S’entendre dire d’un agitateur populiste d’extrême droite que nous sommes « la gauche internationaliste destructrice d’identité » est tout simplement intolérable.

 

Les socialistes de ce pays, et du canton évidemment, sont de véritables patriotes.

Personne ici en Valais n’a attendu la venue d’Oskar et sa bande d’excité-es pour démontrer son attachement à cette terre bénie qu’est la Suisse. Chaque jour et cela depuis des années, les agriculteurs fauchent des prairies raides et pentues, les viticulteurs récoltent le fruit de leurs vignes suspendues sous les rochers, les infirmières se dévouent au bien être des patients, les facteurs courent contre la montre pour livrer leur courrier dans l’horaire imposé par un employeur de plus en plus exigeant, les vendeuses accueillent les clients pressés avec le sourire malgré un salaire minimum. Sans relâche, et malgré l’adversité, les syndicalistes ont pris la défense des ouvriers, les premiers élus ont bravé les majoritaires pour défendre leurs valeurs, les étudiants munis de leur titre ont délaissé la grande ville pour revenir au pays. Les instituteurs ont partagé leur savoir, les médecins ont soigné les malades. Et j’en oublie, la liste serait bien trop longue.

 

Parce que c’est ça le patriotisme ! C’est servir le pays, chacun à sa manière, chacune avec ses moyens. Sans se vanter, assidument, patiemment, discrètement.

 

Alors les amateurs d’armes qui fusil sous le lit se targuent d’être les défenseurs d’une identité devront revoir leur lexique. L’identité, suisse et valaisanne, ne tient pas à quelques discours qu’on prononce à la tribune d’un groupe nostalgique d’une croix damnée. L’identité tient à des actes concrets, ces actes quotidiens qui ont enrichi et enrichissent encore la Suisse et le Valais, qui ont bâti cette terre d’accueil où, secondés par des ouvriers saisonniers, les indigènes ont construit des murs géants permettant de récolter l’eau des glaciers, des routes à flanc de coteaux, des tunnels traversant les montagnes et ouvrant leurs horizons sur la plaine.

 

La défense de notre identité consiste aujourd’hui à renvoyer les excitateurs à leurs romans policiers et affirmer, qu’en matière de patriotisme, les socialistes ont largement démontré que leur attachement au pays ne se résumait pas à de fumeuses théories !

Notre devoir c’est de poursuivre l’oeuvre entamée il y a une centaine d’années bientôt, sans jamais laisser quiconque nous usurper le mérite d’avoir contribué à bâtir ce canton et ce pays. Et c’est repousser les imposteurs hors du parlement, hors du gouvernement, jusqu’au dernier. Cette droite extrême, c’est ainsi qu’elle s’appelle, n’en déplaise à certains, qui sème la discorde au nom de ce qui nous appartient... Notre identité valaisanne, et suisse !


07/01/2017
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Bonne intention, mauvais calcul…

 

Le mariage civil est une forme de vie commune, tout comme le concubinage.  Sauf que certains pensent encore que le mariage mérite d’être favorisé.

Les couples mariés bénéficient de nombreux avantages au niveau des assurances sociales en Suisse (prévoyance professionnelle, assurance-accidents  et militaire). La rente de veuf-ve, par exemple, leur est strictement réservée. Pas de rente pour un-e concubin-e même après quarante ans de vie commune.  La cotisation AVS prise en charge par l’époux-se en cas de revenu unique au sein d’un ménage, elle aussi, est réservée aux seuls couples mariés, les concubins n’en bénéficient pas. De nombreux cantons ont  mis en place une fiscalité avantageuse pour le mariage, le Valais par exemple et son  abattement de 35%! Rien pour les concubins qui paient leurs impôts de manière individuelle, sans le moindre rabais !

Mais voici qu’arrive le PDC et son initiative contre la pénalisation du mariage ! Et voilà qu’on dénonce une injustice qui sanctionnerait les couples mariés en matière fiscale, et que l’on s’offusque soudain qu’un couple marié ne reçoive de l’AVS qu’une rente et demi…

Sauf qu’on oublie de vous dire que cette mesure fiscale ne concerne que 80'000 couples dont les revenus cumulés atteignent 190'000 francs. Et qu’on omet aussi de citer tous les avantages indiqués plus haut dont bénéficient les couples mariés et dont sont privés les concubins. Et qu’on passe sous silence que cette belle intention coûte 4 milliards et qu’il faudra bien, eh oui, trouver cette manne quelque part ! Pas de solution ni de proposition, juste un texte à inscrire dans la Constitution, comme ça. Un cadeau pour le départ du président d’un PDC qui se cherche, entre conservatisme et parti de la famille moderne, au point d’ajouter la bouche en cœur que cette largesse concerne aussi les couples en partenariat enregistré. Sympa non ?

 

 


26/02/2016
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Le cuisinier, l’escroc et ses bouteilles

Le cuisinier, l’escroc et ses bouteilles
Dimanche dernier, une page entière dans le Matin du jour pour évoquer des plats extraordinaires, des voyages gustatifs sur le dos de quelques oursins venus de contrées lointaines... Plus loin, les gesticulations de l'escroc qui se réserve le droit de déposer plainte contre les allégations d'un journal économique, là où les millionnaires fricotent avec leur fortune en y perdant quelques plumes, parfois... Et pour arroser tout ça, des bouteilles extraordinaires à des prix inabordables. Quel que soit le degré de passion que l’on voue au vin, ça sent le bouchon voire carrément le vinaigre…
La mort d'un homme est toujours malheureuse, mais on frise l'indécence tout de même à créer des dieux pour une poignée de nantis… Le documentaire "demain", au demeurant excellent pour les neurones, nous ramène à l'essentiel, loin des fastes et des produits qui traversent la planète pour réjouir quelques palais de riches gourmets, loin des paillettes qui ruinent ce monde et polluent nos esprits endormis. 
Ce dimanche, encore une page entière consacrée à ce même escroc dont on taira toujours le nom et floutera l’image, avec délicatesse et respect. Deux pages plus loin, une gardienne de prison tombe amoureuse d’un détenu et s’enfuit avec lui. Là, on livre à la foule les noms et les portraits, sans la moindre retenue.
Alors oui, le "cirque" autour de la disparition d'un chef de cuisine devient obscène et m'oblige à raccourcir la lecture des quotidiens, indigeste même quand on passe sous silence d'autres sujets ô combien plus urgents... Alors en effet, elle est au moins aussi pesante la bienveillance dont on fait preuve à l’égard d’un maquereau quand on ajoute à un prénom fictif la petite étoile qui le rend invisible parce que membre de la « jet-set », quand d’autres ne bénéficient pas de ce respect, parce que membres de rien… Et pour finir, elle est à vomir cette frénésie, cette folie des grandeurs qui fait parfois basculer dans le pitoyable des êtres qui ont déjà tout et en veulent toujours plus ! Ma compassion s’arrête là où commence cette indécence à nous faire croire que la perte de quelques millions vaut toutes les unes de nos journaux quand tant d’autres sujets devraient nous occuper, nous préoccuper jour et nuit. 
Evidemment, un ours polaire solitaire qui voit fondre sa banquise fait moins de bruit qu’un millionnaire et sa cour détroussés d’un morceau de leur fortune…
Belle journée


26/02/2016
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Réponse à l'évêque de Sion

« L’homosexualité est une faiblesse de la nature »

L’organisation suisse des lesbiennes est profondément choquée et révoltée par les propos tenus dans le Nouvelliste de ce jour par l’évêque de Sion Jean-Marie Lovey : « de nature l’être humain est sexué, masculin-féminin. Et il n’est pleinement humain que s’il vit cette complémentarité… des guérisons psychologiques existent. L’homosexualité peut être guérie…c’est une faiblesse de la nature… ». On peut désormais se poser la question, aurons-nous droit à des séances d’exorcisme ? Les prêtres à qui l’on impose le célibat sont-ils eux aussi des humains incomplets ?

En 1973, l’Association américaine de psychiatrie (AAP) a rayé l’homosexualité de sa liste des maladies mentales lors de la révision du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM). De son côté, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) – qui touche la plupart des pays du monde, tous régimes politiques ou religions confondus – a retiré l’homosexualité de son registre des maladies le 17 mai 1990.

Une fois encore, un prélat de l’église catholique offense des milliers de personnes et s’en tient à une vision moyenâgeuse de la sexualité. Prétendre que l’homosexualité est une maladie relève d’une approche digne des pires époques de notre histoire lorsqu’on mettait au bûcher les « invertis » et les « sorcières ». De tels propos incitent au rejet, à l’exclusion et précipitent toute une jeunesse dans le désespoir le plus profond. Ce type de déclaration ne peut être ressentie que comme une insulte voire une provocation par de nombreuses lesbiennes et nombreux gays, vivant dans un pays où désormais il sera de bon ton de prétendre qu’elles et ils sont malades.

A l’heure où d’autres communautés religieuses ouvrent leurs portes aux personnes homosexuelles, l’église catholique se barricade derrière ses dogmes anachroniques et fait preuve d’une irresponsabilité outrageante. Nous condamnons vivement ces propos et espérons que l’évêque saura trouver les mots pour corriger ce que nous appelons un dérapage volontaire dans un esprit d’apaisement à quelques semaines de la Pride Valais/Wallis qui se tiendra à Sion.

 

Barbara Lanthemann

Secrétaire générale de l’organisation suisse des lesbiennes LOS

Députée-suppléante Grand Conseil Valais

079 259 39 47

info@los.ch

 


19/05/2015
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