barbara lanthemann

Thèmes de campagne


Stratégie

24.10.2015

 

Les alliances politiques, parfois, font sens. Lorsqu'il s'agit de défendre un thème bien précis, il peut arriver en effet que le parti socialiste s'allie à un parti du centre droit proche de ses idées. Ce fut le cas lors du consensus trouvé pour la prévoyance vieillesse 2020. 


Là où l'alliance devient contre nature, c'est lors d'une élection. Comment appeler à élire une personne qui tout au long de sa campagne ou d'une législature, défend des positions à l'opposé de nos valeurs? Comment soutenir un ou une candidat-e qui prône une société à l'encontre de celle que nous défendons?
Le Valais se trouve aujourd'hui confronté à un dilemme cruel. Au second tour à l'élection du Conseil des Etats, le choix laissé aux électeurs et électrices est bien compliqué. 
Au-delà de la nécessité d'envoyer à Berne des candidats issus de différentes couleurs politiques, est-il aujourd'hui possible pour les personnes de sensibilité de gauche de se prononcer pour l'un ou l'autre des candidats, PDC ou PLR, sans ressentir au creux de l'estomac un profond malaise?


Alors on nous dira, pour faire passer ce sirop amer, qu'il s'agit de stratégie. 


Stratégie, le mot est lancé. N'est-ce pas justement ce mot utilisé à toutes les sauces qui risque de faire perdre à notre parti son esprit de combativité? Ce double langage ne donne-t-il pas simplement l'impression que nous nous perdons à suivre la voie de l'opportunisme ? Du calcul ?

N'avons-nous pas intérêt à suivre une ligne claire, qui ne souffre pas d'hésitation lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de celles et ceux qui votent pour les idées de gauche?

Les Bodenmann, Burgener et autres ténors d'alors ont peut-être jugé utile de se prononcer, en grands connaisseurs de la planète politique, personne ne leur en voudra. Mais peut-être, et je dis bien peut-être, ont-ils un train de retard et que l'heure n'est plus à casser du PDC à tout prix. Le Valais qui sera représenté à Berne n'est pas celui qui siège à Sion. Ce Valais-là décidera des grands thèmes de l'avenir, de l'énergie, de la prévoyance vieillesse, de la réforme de la fiscalité des entreprises.

 

 

Est-ce à la population de gauche d'arbitrer un match entre candidats de droite? Certes non! Aucun des trois messieurs inscrits à ce second tour ne pourra représenter cette population, malgré tous les efforts qu'ils déploient en ce moment pour nous le faire croire.  Alors, qu'ils se passent de nous et aillent draguer d'autres rives, celle toute à droite délaissée par leur champion, plus enclin à garantir son siège au national qu'à défier ses adversaires pour les Etats. 

 

 


24/10/2015
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L’AVS, la réforme prévoyance, de quoi parle-t-on ?

Le taux de conversion minimal permet de transformer le capital LPP (avoir de vieillesse) disponible au moment du départ à la retraite en une rente de vieillesse annuelle. Le taux de conversion est régi à l’art. 14 al. 2 LPP et s’élève (depuis 2014) à 6,8% pour la partie obligatoire de l’avoir de vieillesse des hommes et des femmes. 

Un avoir de vieillesse de Fr. 100'000 à 65 ans donne donc une rente de vieillesse de Fr. 6’800 par année, soit Fr. 566.67 par mois  Avec la nouvelle proposition du conseil des Etats, le taux de conversion serait abaissé à Fr. 6%. Une rente de vieillesse à ce taux-là représentera 6'000.- par année, soit 500.00 par mois.

Pour compenser cette diminution de la rente LPP, le Conseil des Etats propose d’augmenter les rentes AVS individuelles de Fr. 70.00 par mois.

Le taux de cotisation employeur/employé n’a plus évolué depuis 1975 !!! et reste fixé à 8.40% (4.20 chacun) On peut dès lors se poser la question s’il n’est pas plus urgent d’actualiser ce taux plutôt que d’augmenter la TVA comme le propose le Conseil des Etats.

Soit, une augmentation des cotisations AVS taxerait le travail et les entreprises. Mais, socialement, elle est certainement plus juste qu’une augmentation de la TVA qui touche toute la population indépendamment de la situation économique de chacune et chacun. Et pourquoi ne pas imaginer une contribution plus importante à partir d’un salaire élevé, au même titre que l’on accorde aux salaires dépassant Fr. 126'000 un taux réduit de cotisation pour l’assurance chômage ?

Puisqu’au nom de l’égalité, on demande aujourd’hui aux femmes de concéder le sacrifice d’une année supplémentaire, nous pourrions aussi, au nom de la solidarité, demander aux gros revenus de fournir un effort à partir d’un montant défini. 


17/09/2015
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Augmenter l’âge de la retraite ? Et si on en parlait.

 

Parmi les mesures envisagées et discutées au parlement dans le cadre du paquet Berset « Prévoyance 2020 », il y en a une qui me laisse plutôt songeuse…

Sans débattre trop longtemps sur le fait que les femmes gardent avec cette année de labeur en moins un levier encore indispensable pour espérer un jour obtenir ce que la loi leur garantit pourtant, une égalité salariale, cette proposition est tout bonnement… malhonnête.

Malhonnête parce qu’aucune mesure n’est prévue pour garantir aux personnes de plus de 55 ans qu’elles conserveront leur emploi malgré leur âge. Utopique, parce qu’aucune garantie ne leur est donnée que si elles devaient perdre leur emploi, elles en retrouveront un autre. Schizophrène, parce que la réalité nous démontre aujourd’hui déjà que les personnes de plus de 55 ans ont toutes les peines du monde à retrouver un emploi lorsqu’elles sont au chômage.

En juin 2015, le canton du Valais comptait 5'528 personnes au chômage. 51.9 % d’hommes et 48.1 % de femmes. Parmi elles, 23.2 % ont plus de 50 ans. Si l’on compare avec les chiffres des années précédentes, le nombre de personnes arrivées en fin de droit a clairement augmenté en 2014, à fin mai, ils étaient 149. Que se passe-t-il avec ces femmes et ces hommes une fois leur droit aux prestations terminées ? Les coûts de l’aide sociale augmentent, ce n’est là qu’un transfert de charges d’une assurance sociale à une autre.

Une fois le paquet Berset adopté, faudra-t-il s’attendre à une nouvelle augmentation ? 67 ans pour tout le monde ? Puisqu’il semble que ce soit là l’unique perspective de nos parlementaires, je crains le pire !

Qui engagera ces personnes ? Le nouvelliste publiait récemment une annonce qui cherchait un employeur acceptant d’engager un chômeur de 58 ans… Faut-il en arriver à cela pour fournir en emploi à nos parents?

Certes, la question des retraites doit trouver des réponses adéquates et réalistes. Mais niveler vers le bas un acquis social est une solution indigne d’une Suisse prolifique. Et si solidarité il doit y avoir, que l’on commence enfin à ne plus faire de cadeaux à ceux qui n’en ont pas besoin. D’autres solutions existent, encore faut-il avoir le courage de les proposer !


15/09/2015
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Le postulat concernant le Fonds national d'aide immédiate aux victimes de mesures de coercition à des fins d'assistance traité au Grand Conseil

Postulat déposé au Grand Conseil valaisan en mars 2015, urgence refusée par le bureau du Grand Conseil - Traité le 11.09.2015

Le postulat n'étant pas combattu, il est transmis au Conseil d'Etat pour traitement.

 

Délai butoir au 30 juin 2015 pour toute demande d'indemnisation au fonds d'aide immédiate. Le fonds d'aide immédiate mis en place en été 2014 est le résultat d'une excellente collaboration entre la Table ronde pour les victimes de mesures de coercition à des fins d'assistance et de placements extra-familiaux, les cantons et la chaine du bonheur. Il devrait permettre, d'ici l'entrée en vigueur d'une réglementation définitive, de fournir des prestations de façon rapide et non bureaucratique aux victimes qui se trouvent aujourd'hui dans une situation financière particulièrement difficile.

Les personnes concernées ont jusqu'au 30 juin 2015 pour déposer leur demande qui est examinée par le comité du fonds. Le canton du Valais, comme tous les autres cantons suisses, a contribué à alimenter ce fonds. A fin décembre 2014, environ 650 demandes ont été adressées au comité, 450 demandes avaient été étudiées et 400 ont reçu une réponse favorable.

Le temps presse, le délai pour les demandes au fonds d'aide immédiate a été fixé au 30 juin prochain.

D'après les estimations début septembre 2014, en Valais environ 700 personnes ont été victimes jusqu'en 1981 de mesures de coercition à des fins d'assistance. Le département de la santé, des affaires sociales et de la culture a reçu des archives cantonales une liste de plus de 600 personnes concernées par ces mesures. A ce jour, seule une vingtaine des victimes se sont annoncées auprès du centre LAVI.

Toutes les personnes figurant sur cette liste n'ont peut-être pas eu accès à l'information, celles-ci étant souvent âgées, ou n'ont peut-être pas les moyens de contacter l'Etat du Valais. De nombreuses personnes n'ont peut-être pas accès à internet, ou n'entreprendront pas la démarche de leur propre initiative. Pas facile en effet pour une victime de mesures de coercition de revenir sur les années les plus sombres de son existence, de dépasser la gêne, voire la culpabilité qui est associée parfois au statut des personnes concernées. Un courrier officiel du canton permettrait de vaincre cette appréhension. A noter encore que toutes les victimes ne demandent pas d'indemnisation, pour bon nombre d'entre elles, il s'agit avant tout d'accéder à leur dossier, de retrouver enfin la trace de leur histoire voire leur famille ou parents tout simplement.

Le canton du Valais participe à ce projet. Comme tous les autres cantons, le Valais a désigné un point de contact pour l'accueil des personnes concernées, en l'occurrence le Centre de consultation LAVI. Un communiqué de presse du 2 septembre 2014 précise que le Conseil d'Etat a décidé de verser quelque 216'106 francs afin de contribuer au fonds d'aide immédiate.

Sans une action menée par le Conseil d'Etat, les Valaisannes et les Valaisans qui pourraient être au bénéfice d'une indemnisation ne pourront plus, après le 30 juin, s'adresser au service compétent.

Conclusion

Nous demandons au Conseil d'Etat de prendre les mesures immédiates afin de contacter les 667 victimes figurant sur cette liste, ceci afin de leur donner une chance de faire parvenir leur demande avant le 30 juin prochain. Il s'agirait là, par la même occasion, d'une forme d'excuse officielle de la part du canton qui jusqu'à ce jour, n'a entrepris aucune démarche dans ce sens. D'autres cantons ont entrepris des démarches pour faciliter l'accès aux documents, recevoir une aide administrative ou bénéficier du fonds d'aide immédiate. Une telle démarche implique une reconnaissance de ces personnes, un geste officiel des autorités à leur encontre et permet peut-être de tourner définitivement une page terrible de leur histoire.

Nous demandons également au département compétent de prendre les mesures nécessaires afin de permettre au centre de consultation LAVI de mener à bien cette tâche et de pouvoir ensuite répondre de manière adéquate aux éventuelles demandes.

 

Barbara Lanthemann


11/09/2015
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Un traitement différencié entre filles et garçons à l'école est contraire au principe de l'égalité inscrit dans la constitution fédérale

Pour moi, l’école devrait être un lieu d’apprentissage neutre et laïque. Je suis une fervente défenderesse de la laïcité dans les écoles, en effet.
J’aurai toujours du mal à accepter qu’une religion impose aux filles un traitement différencié, quelle que soit la religion
Les femmes intégristes catholiques se couvrent le chef pour entrer dans une église en signe de soumission et d’humilité

Ce qui dérange, dans le port du foulard musulman, c'est qu'il traduit la condition inférieure et de soumission de la femme par rapport à l'homme .
Et je ne crois pas qu’une jeune fille soit en mesure de refuser le port du voile à ses parents. L’école laïque lui permettrait cela!
Saïda Keller-Messahli, présidente du forum pour un islam progressiste, défend également cette position.
http://www.forum-islam.ch/fr/f-ueber-uns/positionspapier.php


Le voile pour les jeunes filles musulmanes est un signe religieux qui va à l’encontre du principe d’égalité inscrit dans notre constitution.
C’est ainsi que je le ressens. et je tiens à défendre cette vision là parce que je suis féministe. D’autres femmes se sont battues pour obtenir les mêmes droits que les hommes, le même statut, le même respect. Je ne peux accepter que sous prétexte religieux on revienne en arrière sur ces acquis là!
La rue est un lieu de vie qui par contre doit permettre à chacune et chacun de vivre librement et selon ses croyances et ses convictions.


En ce qui concerne la politique de l’UDC, nous savons toutes et tous que le but visé est de stigmatiser la communauté musulmane au détriment des autres. Leur pétition n’est rien d’autre qu’une attaque inutile et offensante à l’égard des musulmans vivant en Valais et qui depuis des années, n’ont jamais créé le moindre problème. Quant à leur soudain intérêt pour les femmes et les féministes, les propos de leur chef de file Oskar démontrent bien à quel point cet argument est fallacieux, manipulateur et totalement malhonnête.


C’est en cela que je considère que l’égalité de traitement devrait être appliquée et qu’une interdiction générale de tous les signes religieux est un rempart contre cette stigmatisation. Offrons à nos enfants un lieu de vie égalitaire, neutre, sans croix, sans voiles, sans distinctions religieuses qui ne fait qu’emprisonner les personnes au sein d’une communauté.
Je salue encore l’excellent travail de certaines associations valaisannes qui facilitent l’accueil de familles d’origine et de culture différentes, l’OSEO par exemple. Je pense que tout ce travail mériterait d’être bien plus mis en lumière.


06/09/2015
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