barbara lanthemann

La démocratie, cette belle idée

Le système électoral valaisan vient d’être revu, notamment en raison de sa non-conformité avec la Constitution fédérale. Le Tribunal fédéral avait en 2014 donné raison aux partis minoritaires, alors que le Conseil d’Etat n’avait pas daigné montrer le moindre empressement à modifier ce système.

 

Le système mis en place par décret pour les élections de mars prochain devrait être un peu plus juste, dit-on. Sauf qu’en fait, personne ne sait vraiment l’incidence qu’aura la nouvelle méthode sur la démocratie. Parce qu’un système se calcule aussi en fonction de la démographie, et que depuis 2010, le recensement de la population valaisanne se fait chaque année. En somme, il est avéré que le parlement élu en 2013 ne correspondait pas à la juste répartition au regard de la population recensée en 2012. Si l’on avait alors déjà appliqué les chiffres corrects, la perte de sièges pour le Haut-Valais se sera faite en plusieurs étapes et non pas comme aujourd’hui, 4 sièges d’un coup. La distribution entre les forces politiques aurait alors peut-être été différente aussi...

 

La démocratie a cela de délicat qu’elle se base aussi sur des chiffres et non pas seulement sur des idées ou des projets de société. Lorsque les tenants du pouvoir, de quelque bord qu’ils soient, ne respectent pas les règles du jeu, la démocratie s’en trouve biaisée, inévitablement.

Aujourd’hui, un groupuscule de conservateurs fondamentalistes tente, par le biais de la débauche hors sérail, de convaincre le peuple qu’il est plus légitime que d’autres à veiller sur le bien du canton. A coup de publicités mensongères et caricaturales, les ennemis d’autrefois se sont alliés autour d’un projet démagogue.

 

Il est urgent de réagir à cette opération malhonnête. Les citoyennes et citoyens valaisan-nes attaché-es à la démocratie doivent absolument se rendre aux urnes et sanctionner ce procédé. La Suisse et les cantons ont toujours su favoriser le consensus, le travail commun qui consiste à rassembler des femmes et des hommes issus de différentes sensibilités politiques pour travailler sur des projets et aboutir à des compromis tenant compte, du moins du mieux possible, du bien commun.

 

Que le peuple ne se laisse pas berner par les beaux parleurs d’aujourd’hui : ceux qui promettent le milliard qui n’est jamais venu, qui prétendent n’avoir pas pu mener leur projet parce que incapables de travailler en bonne intelligence, les vendeurs d’amalgames douteux et autres populistes hypocrites, premiers fossoyeurs d’une rente AVS digne, d’un repos mérité à 65 ans, d’une franchise pour les soins médicaux à Fr. 300.00, les admirateurs de Blocher, Ebner et autres milliardaires peu soucieux de l’intérêt général. Pas un seul de ces personnages ne viendra au secours des habitants de ce canton s’il n’en retire pas lui-même un quelconque bénéfice.

 

Pour laisser une chance à la démocratie, chaque citoyenne et citoyen aura dans ses mains le 5 mars prochain une arme redoutable. Un bulletin de vote qui n’exhalera pas le terreau lourd d’idéologies nauséabondes.

 



29/01/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 99 autres membres