barbara lanthemann

Le cuisinier, l’escroc et ses bouteilles

Le cuisinier, l’escroc et ses bouteilles
Dimanche dernier, une page entière dans le Matin du jour pour évoquer des plats extraordinaires, des voyages gustatifs sur le dos de quelques oursins venus de contrées lointaines... Plus loin, les gesticulations de l'escroc qui se réserve le droit de déposer plainte contre les allégations d'un journal économique, là où les millionnaires fricotent avec leur fortune en y perdant quelques plumes, parfois... Et pour arroser tout ça, des bouteilles extraordinaires à des prix inabordables. Quel que soit le degré de passion que l’on voue au vin, ça sent le bouchon voire carrément le vinaigre…
La mort d'un homme est toujours malheureuse, mais on frise l'indécence tout de même à créer des dieux pour une poignée de nantis… Le documentaire "demain", au demeurant excellent pour les neurones, nous ramène à l'essentiel, loin des fastes et des produits qui traversent la planète pour réjouir quelques palais de riches gourmets, loin des paillettes qui ruinent ce monde et polluent nos esprits endormis. 
Ce dimanche, encore une page entière consacrée à ce même escroc dont on taira toujours le nom et floutera l’image, avec délicatesse et respect. Deux pages plus loin, une gardienne de prison tombe amoureuse d’un détenu et s’enfuit avec lui. Là, on livre à la foule les noms et les portraits, sans la moindre retenue.
Alors oui, le "cirque" autour de la disparition d'un chef de cuisine devient obscène et m'oblige à raccourcir la lecture des quotidiens, indigeste même quand on passe sous silence d'autres sujets ô combien plus urgents... Alors en effet, elle est au moins aussi pesante la bienveillance dont on fait preuve à l’égard d’un maquereau quand on ajoute à un prénom fictif la petite étoile qui le rend invisible parce que membre de la « jet-set », quand d’autres ne bénéficient pas de ce respect, parce que membres de rien… Et pour finir, elle est à vomir cette frénésie, cette folie des grandeurs qui fait parfois basculer dans le pitoyable des êtres qui ont déjà tout et en veulent toujours plus ! Ma compassion s’arrête là où commence cette indécence à nous faire croire que la perte de quelques millions vaut toutes les unes de nos journaux quand tant d’autres sujets devraient nous occuper, nous préoccuper jour et nuit. 
Evidemment, un ours polaire solitaire qui voit fondre sa banquise fait moins de bruit qu’un millionnaire et sa cour détroussés d’un morceau de leur fortune…
Belle journée



26/02/2016
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