barbara lanthemann

Qui a peur de la Pride en Valais?

L’annonce du Pride en Valais en juin prochain ne laisse personne indifférent et c’est tant mieux.

Mais une Pride, au fond c’est quoi ? Il faut bien poser cette question au vu des commentaires immondes et inadéquats qui fleurissent ces derniers jours sur la toile. Les réseaux sociaux ont ceci d’insupportable que s’y multiplient les pires idioties, contre-vérités et insanités signées de pseudonymes tout aussi débiles.

La pride est née d’une série de manifestations spontanées appelées les « émeutes de Sonewall » contre un raid de la police qui avait eu lieu le 28 juin 1969 à New-York. Un sursaut d’orgueil d’une communauté qui alors était la cible constante des policiers, victime d’un système particulièrement discriminatoire, au même titre que l’était la communauté afro-américaine ou les femmes.   Un an après, le 28 juin 1970, la première Gay Pride fut organisée sur la Christopher Street.

La provocation comme moyen de communication est connue dans bien d’autres milieux. Au sein de la communauté lesbienne et gay, elle est devenue une arme pour faire parler de soi, pour affirmer l’existence d’un autre mode de vie, d’une autre façon d’aimer, différente, certes, mais toute aussi légitime que la norme, celle qu’on aurait tendance à évaluer comme unique et supérieure, l’hétérosexualité .

Au fil des ans, la Pride s’est transformée. Il suffit pour s’en rendre compte d’assister aux Pride qui se déroulent en Suisse depuis 20 ans. Certes, la presse n’en retient que les images les plus « carnavalesques », c’est regrettable. Faut-il tout de même préciser qu’a une communauté est toujours hétéroclite et que chacune et chacun y a sa place, aussi extravaguant-e soit-il/elle. On pourrait faire preuve de plus d’objectivité en publiant des images de la grande majorité qui défile ce jour-là, tellement banale qu’elle en devient peut-être inintéressante pour les médias.

Mais la pride est, et restera, un acte éminemment politique. Elle est le visage de la revendication de milliers de personnes à qui l’on refuse toute une série de droits sous prétexte qu’elles ne correspondent pas à  l’hétéronormativité. Elle est l’expression de la blessure que ressentent toutes les femmes et les jeunes hommes, jeunes et moins jeunes,  que l’on rejette, que l’on exclut, que l’on insulte et même que l’on frappe au coin d’une ruelle sombre, aujourd’hui encore, en Suisse. Si cette démarche se fait en musique et sous des allures plutôt joyeuses, c’est peut-être surtout parce que l’espoir du changement est plus fort que le désespoir, n’en déplaise à celles et ceux  qui souhaiteraient ne jamais avoir à confronter notre regard ou ignorer notre existence.

Alors, qui a peur de la Pride, aujourd’hui ? C’est avec bonheur que je pense à la grande majorité des valaisannes et valaisans qui, elles et eux, n’ont pas peur de la Pride. La fête sera belle, je n’en doute pas une seconde !

 

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22/03/2015
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