barbara lanthemann

Qui a peur du loup?

Depuis de nombreuses années, les milieux de la chasse attendent l'instant où enfin, il leur sera donné le droit de tirer sur le loup sans avoir à se soucier d'une loi protégeant cet animal dans notre pays. De nombreuses tentatives ont essayé de remettre en cause la protection du loup sur notre territoire, assurée par la loi fédérale de la chasse et via la Convention de Berne, entrée en vigueur pour la Suisse le 25 septembre 1993.

Force est de constater que la protection du loup et l'application du plan loup n'ont pas généré une invasion massive du "prédateur" tant redouté. A l'heure actuelle, on dénombre environ 25 individus sur notre territoire.

Le Plan Loup Suisse précise "En vertu de l’art. 9 de la Convention de Berne et de l’art. 12, al. 4, LChP, les interventions visant à réguler une population de loups sont possibles pour autant que les conditions-cadres (expansion à grande échelle, documentation sur la reproduction de l’espèce, surveillance des populations et mise en oeuvre de mesures de protection des troupeaux) soient remplies de façon avérée (cf. point 4.6)."

Expansion à grande échelle signifie une augmentation d'un tiers de la population par année, ce qui est loin d'être le cas.

La motion 14.3151 intitulée "coexistence du loup et de la population de montagne" déposée par le conseiller national Stefan Engler laisse au Conseil fédéral une marge de manoeuvre suffisante pour estimer le nombre de loups qu'une région peut supporter. Le plan Loup énumère les mesures à prendre pour la protection des troupeaux, mesures que nombre d'agriculteurs prétendent, à tort, ne pas pouvoir remplir.

La coexistence du loup et de l'homme en Suisse est possible, tant il est évident que le premier, le loup, est légitime, et que l'autre, l'humain, est capable de protéger ses intérêts. Une Suisse sans loups comme en rêve le Conseiller aux Etats Jean-René Fournier qui souhaite la dénonciation de la Convention de Berne, et quelques autres politiciens est inacceptable, indéfendable.

« La population du loup dans les Alpes augmente par an seulement de 10 et 15%, distinctement plus lentement que biologiquement prévisible. La raison pour cela n'est pas l'offre d'espace vital limitée, mais la politique de tirs autorisée souple. Tant la France que la Suisse autorisent régulièrement des tirs de loups. Dans ces deux pays, de même qu'en  Italie, le braconnage est répandu. La population est ainsi régulée et de fait, la croissance est fort ralentie. Tenant compte de cette réalité,  les pressions  politiques en suisse pour une régulation des loups sont incompréhensibles. Une croissance de population ralentie a certes, des avantages" pour la vie commune avec le loup, pense David Gerke, président du groupe de loup la Suisse. "Il y a un temps, où la recherche de solutions largement soutenues permet de régler les conflits. Il sera difficile de ralentir davantage l'augmentation de la population des loups sans mettre en danger sa survie. » http://www.gruppe-wolf.ch

La modification de la loi sur la chasse permettra à tous les groupes d'intérêt de se prononcer via une large consultation. Elle regroupera les différents points de vue et permettra peut-être d'élaborer un compromis respectueux de la convention de Berne, tout en assurant une sécurité optimale aux populations concernées par le retour du loup en Suisse.

Mais pour en arriver là, il faudra laisser les fusils au vestiaire et parler entre adultes responsables.

 

 

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16/03/2015
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