barbara lanthemann

Vague de haine en démocratie

La Suisse est souvent citée en exemple dans de nombreux pays comme étant un modèle de démocratie directe. Les votations fédérales et cantonales permettent en effet au peuple de se prononcer sur quasiment chaque loi votée au Parlement, soit parce que celle-ci est soumise au referendum obligatoire, soit parce que certains citoyens ont estimé qu’il fallait s’y opposer. D’autres textes sous forme d’initiative soumettent des propositions qui seront acceptées ou non par la population.

En plus de ces votations, le peuple est appelé aux urnes tous les quatre ans pour élire son parlement national, ainsi que le parlement de chaque canton.  Pour ce faire, les partis déploient leur programme et présentent leurs candidats, chacun avec ses arguments, ses slogans, ses promesses et ses critiques.

 

Le peuple a donc le choix, de gauche à droite, il trouvera sur l’échiquier politique celle ou celui qui répondra à ses aspirations et ses attentes. Il se reconnaîtra dans tel ou tel projet de société et accordera sa voix à celle ou celui qui lui sera le plus proche.

De gauche à droite, les élections valaisannes n’échappent pas à ce tableau. Le conservateur, attaché à des valeurs traditionnelles, soutiendra le PDC. Le libéral, favorable à peu d’Etat et plus de liberté d’entreprise, se retrouvera PLR. Le centriste plutôt favorable à un Etat social accordera sa confiance au centre gauche PCS. Plus à gauche, le défenseur des travailleurs, d’un Etat fort et social se tournera vers le PS. L’écologiste, sensible à plus de politique environnementale, soutiendra les verts.

 

A bien y regarder, il y en a pour tout le monde. Chacune et chacun, en Valais, y trouvera son compte. Et c’est là la grande richesse de la politique, cette formidable opportunité de réunir autour d’un projet d’avenir, des personnes issues de sensibilité différente, qui dans un esprit démocratique, travailleront demain à dessiner ensemble, en acceptant les compromis et en partageant le même goût du dialogue, les contours de notre beau Valais.

 

Et alors, me direz-vous, et l’UDC ?

 

Il faut hélas reconnaître que l’UDC n’a qu’un seul sentiment commun qui rassemble, la xénophobie (du grec xenos, étranger et phobos, peur, effroi).

La famille ? Seul parti cantonal à refuser la loi contre les violences domestiques au parlement ! Le Valais d’abord ? Se moquer de la précarité en coupant dans l’aide sociale puis se servir de cette précarité pour exacerber les rancœurs. L’agriculture ? l’UDC agrarienne a été phagocytée depuis belle lurette par les banquiers zurichois, les paysans se meurent, eux posent en chemise bleue... Proposer l’hymne national au Parlement ? La belle idée, encore faudrait-il en appliquer les paroles, car le dieu qu’on y évoque est généreux, donne à boire aux lépreux et accueille les mendiants dans sa maison.

 

Face à cette vague de haine qui déferle sur les murs de nos villes et s’introduit jusque dans les dernières chaumières de nos vallées, il eut été bon que les partis « raisonnables » s’unissent et dénoncent la xénophobie libérée. Parce qu’en chacun de nous réside un brin de cette peur de l’étranger, parce que la raison doit primer sur les bas instincts, il aurait été utile de faire front commun sous une bannière démocratique, et dire clairement sa désapprobation face à la montée de la haine de l’étranger.

 

Mais comme toujours, chacune et chacun défend son lopin de pouvoir, ses petits pourcentages et demain peut-être, on se regardera, abasourdis, tout penauds de compter sur les bancs du parlement, quelques xénophobes de plus... Et quelques démocrates de moins.



05/02/2017
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